Cette page a été conçue à partir du site ISO

Ce qu'est l'ISO

L'ISO est un réseau d'instituts nationaux de normalisation de 148 pays, selon le principe d'un membre par pays, dont le Secrétariat central, situé à Genève, Suisse, assure la coordination d'ensemble.

L'ISO est une organisation non gouvernementale: ses membres ne sont pas, comme dans le système des Nations Unies, des délégations des gouvernements nationaux. L'ISO occupe néanmoins une position privilégiée entre les secteurs public et privé. La raison tient à ce que l'ISO compte dans ses membres de nombreux instituts faisant partie de la structure gouvernementale de leur pays ou mandatés par leur gouvernement et d'autres organismes issus exclusivement du secteur privé, établis par des partenariats d'associations industrielles au niveau national.

L'ISO peut donc agir en tant qu'organisation de liaison permettant d'établir un consensus sur des solutions répondant aux exigences du monde économique et aux besoins de la société, notamment ceux de parties prenantes comme les consommateurs et les utilisateurs.

Le nom ISO

Parce que le nom de l'Organisation internationale de normalisation donnerait lieu à des abréviations différentes selon les langues ("IOS" en anglais et "OIN" en français), il a été décidé d'emblée d'adopter un mot dérivé du grec isos, signifiant "égal". La forme abrégée du nom de l'organisation est par conséquent toujours ISO.

Comment tout a commencé

La normalisation internationale commença dans le domaine électrotechnique avec la création, en 1906, de la Commission électrotechnique internationale (CEI). Les premiers travaux fondamentaux dans d'autres domaines furent entrepris par la Fédération internationale des associations nationales de normalisation (ISA), créée en 1926. Au sein de l'ISA, l'accent portait de façon prépondérante sur l'ingénierie mécanique. Les activités de l'ISA cessèrent en 1942.

À la suite d'une réunion tenue à Londres en 1946, les délégués de 25 pays décidèrent de créer une nouvelle organisation internationale "dont l'objet serait de faciliter la coordination et l'unification internationales des normes industrielles". La nouvelle Organisation, ISO, entra officiellement en fonction le 23 février 1947.

Reportez-vous à L'histoire d'une amitié partagée - Souvenirs à propos des cinquante premières années de l'ISO.

Ce que signifie 'normalisation internationale'

Quand la grande majorité des produits ou des services, dans un secteur spécifique des affaires ou de l'industrie, sont conformes à des normes internationales, on peut dire qu'il existe une normalisation à l'échelle de l'industrie. Ceci est réalisé par des accords consensuels entre les délégations nationales représentant tous les partenaires économiques concernés - les fournisseurs, utilisateurs, responsables gouvernementaux de réglementation et d'autres groupes d'intérêt, tels que les consommateurs. Ils conviennent de caractéristiques et de critères à appliquer uniformément dans la classification des matériaux, dans la fabrication et la livraison des produits, dans les essais et les analyses, dans la terminologie et dans la fourniture de services. Ainsi les normes internationales fournissent un cadre de référence, ou un langage technologique commun, entre les fournisseurs et leurs clients - qui facilite les échanges et le transfert de technologies.

Avantage des normes ISO pour la société

Pour les entreprises, l'adoption répandue des Normes internationales signifie que les fournisseurs peuvent baser le développement de leurs produits et services sur des spécifications qui bénéficient d'une large acceptation dans leurs secteurs. Ceci, signifie ensuite que les entreprises qui ont recours aux Normes internationales peuvent de plus en plus librement accéder à des marchés beaucoup plus nombreux dans le monde.

Pour les clients, la compatibilité mondiale de la technologie, qui est obtenue avec des produits et les services basés sur des Normes internationales, ouvre un choix d'offres de plus en plus diversifié. Ils en retirent également les avantages des effets de la concurrence entre fournisseurs.

Pour les gouvernements, les Normes internationales fournissent les bases technologiques et scientifiques qui sous tendent la législation en matière de santé, de sûreté et d'environnement.

Pour les dirigeants économiques négociant l'ouverture de marchés régionaux et mondiaux, les Normes internationales créent une "place de marché" équitable pour tous les concurrents. L'existence des normes nationales ou régionales divergentes peut créer des obstacles techniques au commerce, même en présence d'accords politiques visant à bannir les contingents à l'importation et autres quotas semblables. Les Normes internationales sont les moyens techniques qui permettent la mise en pratique d'accords de politique commerciale.

Pour les pays en voie de développement, les Normes internationales qui représentent un consensus international sur l'état de la technique, constituent une source importante de savoir-faire technologique. En définissant les caractéristiques que les produits et services doivent réunir pour accéder aux marchés d'exportation, les Normes internationales sont une base qui permet aux pays en voie de développement d'étayer leurs décisions lorsqu'il s'agit d'investir leurs ressources rares et d'éviter de les dilapider.

Pour des consommateurs, la conformité des produits et les services aux Normes internationales fournit une assurance de qualité, de sûreté et de fiabilité.

Pour tous, les Normes internationales peuvent contribuer à la qualité de vie en général, en assurant la sécurité des transports, des machines et des outils que nous utilisons.

Pour la planète que nous habitons, les Normes internationales sur la qualité de l'air, de l'eau et du sol, et sur des émissions de gaz et le rayonnement, font partie des efforts visant la protection de l'environnement.

Les caractéristique de la marque ISO

Sur un pied d'égalité
Dans le cadre de l'institution qu'est l'ISO, chaque membre participant a le droit de prendre part à l'élaboration de toute norme qu'il juge importante pour l'économie de son pays. Quelle que soit la taille ou la force de son économie, chaque membre participant aux travaux de l'ISO dispose d'un vote. Les activités de l'ISO ont ainsi un cadre démocratique où les pays sont sur un pied d'égalité pour influencer, au niveau stratégique, l'orientation des travaux de l'ISO, aussi bien que le contenu technique de leurs normes nationales.

Volontaires
Les normes ISO sont volontaires. En tant qu'Organisation non gouvernementale, l'ISO n'est pas investie de l'autorité de les mettre en vigueur. Un certain pourcentage de normes ISO - principalement celles concernant la santé, la sécurité ou l'environnement - ont été adoptées par certains pays dans le cadre de leurs règlements ou sont citées dans des lois auxquelles elles servent de base technique. Cependant, de telles adoptions sont des décisions souveraines des autorités réglementaires ou des gouvernements des pays concernés. L'ISO elle-même n'a aucun pouvoir réglementaire ou législatif. Néanmoins, même si les normes ISO sont de nature volontaire, elles peuvent devenir des exigences du marché, comme ce fut le cas pour les normes de la série ISO 9000 relative aux systèmes de management de la qualité, pour les normes relatives aux dimensions des conteneurs pour marchandises et celles relatives aux cartes bancaires.

Axées sur le marché
L'ISO n'élabore que des normes répondant à un impératif du marché. Les travaux sont effectués par des experts du secteur (industriel, technique ou économique) qui a demandé les normes en question et qui les mettra en pratique. Ces experts peuvent être rejoints par d'autres ayant les compétences requises notamment, des experts des gouvernements, des autorités réglementaires, des organismes d'essais, du monde universitaire, des associations de consommateurs ou d'autres organisations concernées.

Consensus
Bien que les normes ISO soient volontaires, le fait qu'elles soient élaborées en réponse aux demandes du marché et se fondent sur un consensus entre les parties intéressées leur assure une large application. Le consensus évolue, comme la technologie, et l'ISO tient compte à la fois de l'évolution des technologies et de l'évolution des intérêts en procédant, au moins tous les cinq ans à un nouvel examen de ses normes pour décider s'il convient de les maintenir, de procéder à leur mise à jour ou de les annuler. De cette façon, les normes ISO continuent de refléter l'état de la technique selon les experts représentatifs du domaine.

Plan mondial
Les normes ISO sont des accords techniques qui procurent le cadre pour des technologies mondialement compatibles. L'édification d'un consensus technique à cet échelon international est une entreprise majeure. En tout, il y a plus de 2 850 groupes techniques (comités techniques, sous comités, groupes de travail) et quelque 30 000 experts participent annuellement à l'élaboration des normes.

L'ISO et le commerce mondial

L'ISO - avec la CEI (Commission électrotechnique internationale) et l'UIT (Union internationale des télécommunications) - a édifié un partenariat avec l'OMC (Organisation mondiale du commerce), l'objectif commun étant de promouvoir un système mondial de libre-échange équitable. Les accords politiques obtenus dans le cadre de l'OMC doivent s'appuyer sur des accords techniques. L'ISO, la CEI et l'UIT, en tant qu'elles sont les trois principales organisations de la normalisation internationale, disposent des domaines d'activité, des cadres, des compétences et des expériences complémentaires leur permettant d'assurer ce soutien technique à la croissance du marché mondial.

L'Accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC), comprend le "Code de pratique pour l'élaboration, l'adoption et l'application des normes". L'Accord OTC reconnaît l'apport important des Normes internationales et systèmes d'évaluation de la conformité pour l'amélioration de l'efficacité de la production et la facilitation du commerce international. Lorsque des Normes internationales existent ou sont sur le point d'être achevées, les organismes à activités normatives devraient par conséquent les utiliser ou utiliser leurs éléments pertinents, conformément au Code de pratique, comme base des normes qu'ils élaborent. Le Code stipule que les organismes à activités normatives qui ont accepté ses dispositions en adressent notification au Centre d'information ISO/CEI. L'ISO publie périodiquement, au nom de l'OMC, un Répertoire des organismes à activités normatives qui ont notifié leur acceptation du Code de la normalisation de l'OMC TBT.

L'ISO et les pays en développement

Les normes de l'ISO constituent un réservoir de technologie. Les pays en voie de développement en particulier, avec leurs ressources rares, ont beaucoup à gagner de cette richesse de connaissance. Pour eux, les normes de l'ISO sont un important moyen d'acquérir le savoir-faire technologique qui, par consensus international, représente l'état de la technique, et d'accroître leur possibilité d'exportation et leur compétitivité sur les marchés mondiaux. En plus de cet avantage général des normes ISO, l'ISO a un programme spécifique pour les pays en voie de développement qui comporte des séminaires de formation, des parrainages ou des bourses ainsi que des publications. L'ISO a également un Comité de politique pour les questions relatives aux pays en voie de développement, le DEVCO, composé d'une centaine d'instituts de normalisation des pays industrialisés et des pays en voie de développement.

Comment reconnaître une norme ISO

Une norme ISO est un document dont la longueur peut aller de quelques pages à plusieurs centaines de pages. A l'avenir les normes seront surtout disponibles sous forme électronique. Les normes portent le logo ISO et la désignation, "Normes internationale". Dans la plupart des cas, elles sont publiées en format A4 - qui est une dimension normalisée ISO.

Le vaste horizon des normes ISO

Depuis 1947, l'ISO a publié plus de 13 700 Normes internationales. Le programme de travail de l'Organisation s'étend des normes relatives à des activités traditionnelles, comme l'agriculture et la construction, à la mécanique et aux développements les plus récents en technologie de l'information, comme le codage numérique des signaux audiovisuels pour applications du multimédia.

La normalisation des filetages aide au bon assemblage des chaises, des bicyclettes d'enfant ou des avions et permet de résoudre les problèmes de réparation et d'entretien autrefois causés par le défaut de normalisation et qui représentaient un véritable casse-tête pour les fabricants et les utilisateurs de produits. Les normes qui établissent un consensus international sur la terminologie facilitent le transfert des technologies et représentent une étape importante dans le progrès des technologies nouvelles.

Sans dimensions normalisées des conteneurs pour le transport de marchandises, le commerce international serait plus lent et plus coûteux. Sans la normalisation des cartes téléphoniques et bancaires, la vie serait plus compliquée. L'absence de normalisation peut affecter la qualité de la vie elle-même, par exemple celle des handicapés, s'ils n'ont pas accès aux produits de consommation, aux transports publics et aux bâtiments parce que les dimensions des fauteuils roulants et des ouvertures n'ont pas été normalisées.

Les symboles normalisés permettent d'avertir des dangers et de communiquer des informations au-delà des frontières linguistiques. Un consensus sur diverses catégories de matériaux donne un cadre de référence commun aux fournisseurs et aux clients dans les transactions commerciales.

Un accord sur des variantes d'un produit en nombre suffisant pour satisfaire aux applications les plus courantes est source d'économies d'échelle et de rentabilité pour les producteurs comme pour les clients. La normalisation des formats du papier est un bon exemple.

La normalisation des exigences de performance ou de sécurité de différents matériels permet de s'assurer qu'il est répondu aux besoins des utilisateurs, tout en laissant aux fabricants la liberté de concevoir leurs propres solutions. Les clients, qui disposent alors d'un choix de produits qui satisfont tous à des exigences fondamentales, profitent des effets de la concurrence entre fabricants.

Grâce à des protocoles normalisés, les ordinateurs de différents fabricants peuvent "se parler". Des documents normalisés permettent d'accélérer le transit des marchandises, ou d'identifier des marchandises fragiles ou dangereuses susceptibles d'être manipulées par des personnes parlant des langues différentes. La normalisation de connexions et d'interfaces de tous types garantit la compatibilité des matériels de diverses origines et l'interopérabilité de différentes technologies.

Un accord sur les méthodes d'essai permet de comparer les produits avec pertinence et joue un rôle important dans la lutte contre la pollution d'origine sonore, vibratoire ou gazeuse. Des normes de sécurité relatives aux machines protègent les personnes au travail, sur les terrains de jeux, en mer... et chez le dentiste.

Sans les accords internationaux que renferment les normes ISO sur les grandeurs et unités, les achats et le commerce seraient aléatoires, la science ne serait nullement scientifique, et le développement technologique serait entravé.

Plus d'un demi-million d'organisations dans plus de 60 pays appliquent les normes de la série ISO 9000, qui donnent un cadre pour le management de la qualité dans tout le processus de production et de livraison de produits et services aux clients.

Les normes ISO 14000 relatives aux systèmes de management environnemental aident les organisations de toutes sortes à améliorer leur performance environmentale tout en exerçant un impact positif sur les résultats.


La particularité des normes ISO 9000 et ISO 14000

Les séries ISO 9000 et ISO 14000 comptent parmi les normes de l'ISO qui sont les plus connues et ont rencontré le plus vif succès. L'ISO 9000 est devenue une référence internationale pour les exigences qualités dans les relations interentreprises et l'ISO 14000 devrait réussir aussi bien, sinon mieux, en aidant les entreprises à relever leurs défis en matière d'environnement.

Les normes ISO sont, dans leur grande majorité, spécifiques à un produit, matériau ou processus. Toutefois, les normes qui ont donné aux familles ISO 9000 et ISO 14000 leur réputation mondiale sont des "normes génériques de système de management". Le terme "générique" signifie que les mêmes normes peuvent être appliquées à tout organisme, grand ou petit, quel que soit son produit, y compris s'il s'agit d'un service, dans tout secteur d'activité, et que l'organisme soit une entreprise commerciale, une administration publique ou un département gouvernemental. Le terme "système de management" se rapporte à ce que l'organisme fait pour gérer ses processus ou activités. Le terme "générique" signifie aussi que si l'organisme, indépendamment de ce qu'il est ou fait, souhaite établir un système de management de la qualité ou un système de management environnemental, il doit alors y inclure un certain nombre de caractéristiques essentielles qui sont explicitées dans les normes pertinentes des familles ISO 9000 ou ISO 14000.

L'ISO 9000 traite du "management de la qualité", ce terme recouvrant tout ce que l'organisme réalise pour améliorer la satisfaction des clients en répondant à leurs exigences et aux exigences réglementaires applicables et en améliorant à cet égard continuellement ses performances. L'ISO 14000 traite au premier chef du "management environnemental", c'est-à-dire de ce que réalise l'organisme pour réduire au minimum les effets dommageables de ses activités sur l'environnement et pour améliorer en permanence sa performance environnementale.


Pourquoi l'évaluation de la conformité est-elle si importante

Au sens strict, l'évaluation de la conformité est l'opération qui consiste à vérifier que des produits, matériaux, services, systèmes ou individus sont conformes aux spécifications d'une norme pertinente. Aujourd'hui, nombre de produits nécessitent des essais de conformité à des spécifications ou à des règlements de sécurité avant d'être commercialisés. Même les produits les plus simples peuvent nécessiter une documentation technique comprenant des données d'essais. Du fait de la multiplicité des échanges commerciaux internationaux, l'évaluation de la conformité est un élément désormais important du commerce mondial. L'ISO a au fil des ans élaboré une grande partie des normes servant pour l'évaluation de la conformité des produits, ainsi que des méthodes d'essais normalisées qui permettent de comparer des résultats d'essais indispensables au commerce international. L'ISO elle-même ne procède pas à des opérations d'évaluation de la conformité. Toutefois, en partenariat avec la CEI (Commission électrotechnique internationale), l'ISO élabore des guides et des normes ISO/CEI destinés aux organisations actives dans le domaine de l'évaluation de la conformité. Les critères volontaires que renferment ces guides et normes sont le fruit d'un consensus international sur ce qui constitue les meilleures pratiques. Leur utilisation favorise la cohérence de l'évaluation de la conformité au plan mondial et facilite le commerce intenational.


Où peut-on s'informer sur les normes

La liste du portefeuille complet des normes ISO figure dans le Catalogue ISO, qui peut être consulté en ligne. Le site permet d'accéder également au réseau mondial des services de la normalisation (WSSN), qui est un réseau des serveurs des organismes de normalisation du monde entier publiquement accessibles sur le Web. Il contient des liens avec les organismes internationaux, régionaux et nationaux de normalisation, ainsi qu'avec d'autres organismes internationaux et régionaux qui, en plus de leur activité principale, élaborent des normes dans leur domaine de spécialité.

Il existe en outre plusieurs centaines de milliers de normes et de règlements techniques en usage dans le monde qui contiennent des exigences particulières à certains pays ou à certaines régions. La recherche d'informations concernant ces normes, règlements techniques ou autres activités d'essais et de certification peut être une tâche ardue. L'ISONET, Réseau d'information ISO, contribue à résoudre le problème. Il s'agit d'un réseau mondial de centres nationaux d'information sur les normes, qui, en coopération, ont développé un système qui procure un accès rapide aux informations sur les normes, les règlements techniques et les activités d'essais et de certification en vigueur en différents points du monde. L'Accord de l'Organisation mondiale de Commerce sur les obstacles techniques au commerce (OMC/TBT) appelle les pays signataires à établir un point d'information national pour répondre aux questions dans ces domaines. Dans de nombreux pays, les points d'information de l'ISONET et de l'OMC sont une seule et même instance.

Qui peut adhérer à l'ISO

La participation à l'ISO est ouverte aux instituts nationaux de normalisation ou à des organisations analogues, représentatives de la normalisation dans leur pays (un membre par pays). Les membres à part entière (les comités membres), quelle que soit la taille ou la force économique du pays concerné, ont chacun une voix. L'ISO compte également deux catégories de membres pour les pays ayant des ressources limitées. Bien que n'ayant pas le droit de vote, ces pays ont la possibilité de se tenir informés des faits nouveaux en normalisation. Un membre correspondant est en général une organisation dans un pays qui n'a pas encore entièrement développé son activité nationale en matière de normalisation. Les membres correspondants ne prennent pas une part active aux travaux techniques et d'élaboration de politiques mais ont le droit d'être tenus pleinement informés des travaux qui présentent pour eux un intérêt. La catégorie de membres abonnés permet aux instituts de pays à économie très limitée de rester en contact avec la normalisation internationale.

A titre individuel, ni les personnes, ni les entreprises ne peuvent obtenir la qualité de membre. Elles ont cependant un éventail de possibilités de participer aux travaux de l'ISO ou de contribuer à l'élaboration de normes par l'entremise du membre de l'ISO dans leur pays. Des particuliers peuvent être choisis par les instituts membres pour siéger dans les délégations nationales participant aux comités techniques de l'ISO, ou peuvent fournir leur contribution au cours de l'élaboration du consensus national que la délégation présentera. Les organisations internationles et les associations non gouvernementales et représentant des secteurs industriels peuvent solliciter le statut de liaison à un comité technique. Ils ne votent pas, mais peuvent participer aux discussions et à l'édification du consensus.

Comment le système ISO est-il géré

Toutes les décisions stratégiques sont soumises aux membres de l'ISO qui se réunissent en Assemblée générale une fois par an. Les propositions soumises aux membres sont élaborées par le Conseil de l'ISO, qui est, à l'instar d'un Conseil d'administration d'entreprise, une émanation de l'ensemble des membres. Le Conseil se réunit trois fois par an et sa composition obéit à une rotation garantissant la représentativité de tous les membres de l'ISO. Les opérations sont gérées par un Secrétaire général dont la fonction est permanente. Le Secrétaire général fait rapport à un Président, personnalité éminente dans le domaine de la normalisation ou de l'économie, élu pour deux ans. Le Secrétaire général est basé au Secrétariat central de l'ISO à Genève, en Suisse, avec un personnel restreint qui assure aux membres de l'ISO le soutien administratif et technique, coordonne le programme décentralisé d'élaboration des normes et procède à leur publication.

Qui finance l'ISO

Les membres nationaux de l'ISO versent des cotisations qui correspondent au coût de fonctionnement du Secrétariat central de l'ISO. Ces cotisations sont proportionnelles au Produit national brut et au volume du commerce du pays concerné. Autre source de recettes: la vente de normes. Toutefois, le fonctionnement du Secrétariat central ne représente qu'un cinquième du coût de fonctionnement du système. L'essentiel des coûts est assumé par les comités membres qui gèrent l'élaboration de projets de normalisation spécifiques ou par les organisations qui détachent des experts pour participer aux travaux techniques. De fait, ces organisations subventionnent les travaux techniques en assumant les frais de voyage des experts et en leur permettant de collaborer aux travaux de l'ISO.

Comment l'ISO décide des normes à élaborer

Dans le système de l'ISO, l'initiative de l'élaboration d'une norme émane du secteur qui en a besoin. Ainsi, lorsqu'un secteur industriel ou économique a besoin d'une norme, il le fait savoir à un membre national de l'ISO. Ce dernier soumet la proposition d'étude nouvelle à l'ISO. Si la proposition est acceptée, l'étude est attribuée à un comité technique existant. Les propositions peuvent également porter sur la création de comités techniques, en vue d'aborder de nouveaux domaines d'activité technique. Afin de garantir la plus haute efficacité dans l'utilisation des ressources, l'ISO n'entreprend l'élaboration de nouvelles normes que si elles répondent manifestement à un impératif du marché.

Le domaine des comités techniques de l'ISO est nécessairement spécialisé et précis. L'ISO compte aussi trois Comités chargés de l'élaboration d'orientations politiques qui opèrent selon une approche plus horizontale. Leur mission est de fournir des orientations stratégiques pour les activités d'élaboration des normes sur des aspects multi-sectoriels. Il s'agit du CASCO (évaluation de la conformité), du COPOLCO (politique en matière de consommation), et du DEVCO (questions relatives aux pays en voie de développement). Ces comités veillent à assurer que les activités techniques spécifiques répondent bien aux intérêts du marché au sens large et de l'ensemble des partenaires économiques.

Qui développe les normes ISO

Les normes ISO sont élaborées par les comités techniques constitués d'experts appartenant aux secteurs industriels, techniques et économiques qui ont demandé l'établissement des normes en question, et qui les appliquent par la suite. A ces experts peuvent s'associer d'autres spécialistes comme les représentants d'agences gouvernementales, de laboratoires d'essais, d'associations de consommateurs de spécialistes de l'environnement, etc. Les experts, choisis par l'institut national membre de l'ISO pour le pays concerné, participent aux travaux au sein des délégations nationales. Il est exigé des délégations qu'elles représentent les intérêts de toutes les parties prenantes et non pas simplement les vues des organisations pour lesquelles les experts travaillent. Selon les règles de l'ISO, l'institut membre est tenu de prendre en compte les vues de tout l'éventail des parties intéressées à la norme en cours d'élaboration et de présenter au comité technique une position nationale concertée consensuelle.

Comment les normes ISO sont élaborées

Les délégations nationales d'experts d'un comité technique se réunissent pour se concerter sur un sujet, l'étudier et en débattre jusqu'à l'obtention d'un consensus sur un projet d'accord. Le document est ensuite distribué en tant que Projet de norme internationale (DIS) à l'ensemble des membres de l'ISO pour observations et vote. De nombreux membres ont des procédures d'examen public pour faire connaître les projets de norme et les mettre à disposition des parties intéressées ainsi qu'au grand public. Dans la formulation de leur position sur le projet de norme, les membres de l'ISO tiennent compte de toutes les informations reçues. Si le résultat du vote est favorable, le document, avec d'éventuelles modifications, est distribué aux membres de l'ISO en tant que Projet final de norme internationale (FDIS). Quand le vote est positif à ce stade, le document est ensuite publié comme Norme internationale.

En moyenne 11 réunions de l'ISO ont lieu, quelque part dans le monde, chaque jour ouvrable de l'année. Entre les réunions, les experts poursuivent les travaux de normalisation par correspondance. Les contacts s'opèrent de plus en plus par voie électronique et, quelques comités techniques de l'ISO travaillent déjà exclusivement par ce biais, ce qui accélère l'élaboration des normes et limite le coût des voyages.

L'importance de la vitesse

Les normes de l'ISO sont élaborées selon des règles rigoureuses permettant de garantir la transparence et l'équité. Mais l'édification du consensus parmi les parties intéressées et la procédure d'examen public de l'accord obtenu peuvent prendre du temps. Pour certains usagers des normes, en particulier ceux qui opèrent dans des secteurs de technologie en rapide évolution, il est parfois plus intéressant de s'accorder sur des spécifications techniques et de les publier rapidement, que de suivre toute la filière, avec tous les ajustements nécessaires, qui permet d'aboutir à un document ayant le statut de Norme internationale à part entière. Par conséquent, pour satisfaire de tels besoins, l'ISO a élaboré de nouveaux référentiels ou d'autres types de spécifications, notamment les spécifications publiquement disponibles (PAS), les spécifications techniques (TS), les rapports techniques (TR) ou les accords internationaux d'atelier (IWA), qui peuvent être publiés à un stade intermédiaire, avant l'obtention du consensus complet.

Partenaires internationaux

L'ISO collabore avec son homologue de la normalisation internationale, la CEI, dont le domaine d'activité complète le sien. Ensemble, l'ISO et la CEI coopèrent avec l'UIT (Union internationale des télécommunications). Comme l'ISO, la CEI est un organisme non gouvernemental, alors que les membres de l'UIT, agence spécialisée de l'Organisation des Nations Unies, sont des gouvernements. Les trois organisations collaborent étroitement dans la normalisation des technologies de l'information et des télécommunications.

Partenaires régionaux

De nombreux membres de l'ISO sont également membres d'organisations régionales de normalisation. Cette situation permet à l'ISO de jeter plus facilement des ponts avec les activités régionales de normalisation dans le monde. L'ISO a reconnu des organisations régionales de normalisation représentant l'Afrique, les pays arabes, la région couverte par la Communauté des États indépendants, l'Europe, l'Amérique latine, la zone Pacifique et les nations de l'Asie du Sud-Est. Cette reconnaissance se fonde sur l'engagement pris par les organismes régionaux d'adopter les normes ISO - sans modification, chaque fois que possible - comme normes nationales de leurs pays membres et de ne procéder à l'élaboration de normes divergentes que s'il n'existe aucune norme ISO susceptible d'être adoptée directement.

Liaisons spécialisées

L'ISO est aussi en liaison avec quelque 550 organisations internationales et régionales intéressées à certains aspects de ses travaux de normalisation. Parmi celles-ci, les quelque 28 organismes internationaux à activités normatives qui n'appartiennent pas au système ISO/CEI. Chacun de ces organismes est spécialisé dans un secteur donné, en général sous mandat des Nations Unies, par exemple l'Organisation mondiale de la santé. L'ISO et la CEI produisent environ 85% de toutes les Normes internationales, le reste étant le fait de ces autres organisations.

Produits spécifiques

A côté des Normes internationales et des nouveaux "référentiels", l'ISO élabore des documents d'orientation, des manuels pour les pays en développement, des compendiums de normes - sous forme papier et sur CD-ROM - des manuels ainsi qu'un large éventail de publications se rapportant à la normalisation. L'ISO publie aussi deux magasines: Le mensuel ISO Focus, qui fait le point sur les activités de l'ISO, et ISO Management Systems - La Revue Internationale des normes ISO 9000 et ISO 14000, publiée six fois par an.